Nane et Jean-Luc Vézinet

" Jaurès contre la barbarie "

Date 19 février 2014
Lieu auditorium I, Maison du Multimédia, Université JF Champollion
Organisateur(s) Université Pour Tous,  et AJET
Partenaire(s) tous ceux de "2014 : Jaurès vivant"
Animateur Claudie Routeau

 


Nane et Jean-luc Vézinet,  Conteurs et auteurs d’ouvrages principalement destinées à la jeunesse, tels que : Lucie Aubrac, Femmes rebelles du vingtième siècle, Jean Jaurès contre la barbarie …

Respectivement  orthophoniste et enseignant par le passé

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Sommaire : 
• La Conférence : 
• Enregistrement : 

 


   La conférence.                                                                 

                                  Nous  tenons tout d'abord à remercier l'Université pour tous et l'Association  Jaurès Espace Tarn de nous  accueillir ce soir et de nous donner ainsi l'occasion de présenter notre  dernier ouvrage : « Jean Jaurès contre la barbarie ».

 

 

                                  Comment est né ce livre?

Conteurs et auteurs d'ouvrages de contes rien nous prédisposait à écrire sur Jaurès si ce n'est notre admiration pour le grand homme qu'il était. Une rencontre avec un éditeur de livres pour la jeunesse en a été l'élément déterminant.

« Puisque vous contez et que vous vivez dans son pays, racontez nous Jaurès et je vous l'édite », nous a-t-il dit. Banco.

Nous avons donc vécu avec Jaurès pendant plusieurs mois. Mois passés à le lire et à lire  quelques uns des  nombreux ouvrages qui lui sont consacrés. Nous nous sommes  alors rendus compte de cette gageure : résumer la vie, l'oeuvre, la carrière militante et politique  de Jean Jaurès, en une centaine de pages, sans être simpliste et sans le trahir.

Nous avons également réalisé qu'il n'existait à notre connaissance guère de livres sur Jaurès pour la jeunesse ainsi que pour le grand public. Aussi avons nous tenté de concilier les deux approches. Avons-nous atteint cet objectif ? ce n'est pas à nous de le dire mais nous voudrions remercier Alain Boscus que tous pour la plupart connaissez ici, qui a accepté de lire notre manuscrit. Il y a apporté quelques précisions historiques et  nous a  considérablement encouragé en nous disant y  avoir retrouvé « son » Jaurès.

Cet ouvrage se veut une biographie et non pas un roman. Tous les faits et événements mentionnés dans le livre sont exacts. Pour la journée du 31 juillet 1914 jour de l'assassinat de Jaurès qui ouvre le livre, les journaux de l'époque notamment l'Huma nous ont été d'une grande utilité pour la relater dans les moindres détails.

Nous allons vous en faire lecture sans plus attendre :

 

Ils ont tué Jaurès

                                               

 Nous voudrions maintenant vous faire écouter un document exceptionnel, extrait d'un cd sur les témoignages de la guerre de 14 – 18,  publié à « La librairie sonore » Il s'agit du témoignage d'un jeune serveur qui travaillait au café du Croissant en 1914, qui à ce titre avait côtoyé Jaurès et qui a vécu son assassinat, qu'il relate dans ces termes :

 

Témoignage  DELOT

 

Posons- nous maintenant la question : Est-ce qu'un livre sur Jaurès peut encore parler à la jeunesse? Quel message - pour employer les grands mots! – pouvons  nous adresser  aux jeunes gens et jeunes filles de notre époque en retraçant la vie hors du commun de Jaurès?

A l'heure où la politique est tant décriée, nous nous trouvons en présence d'un homme politique exemplaire à plus d'un titre.

Il décide d'entrer en politique pour servir...servir des idées généreuses, celles de la république et du socialisme.

 

Il va d'abord y sacrifier sa carrière universitaire.

Est-il utile de rappeler que Jaurès est un brillant intellectuel? Reçu premier au concours d'entrée de Normale sup devant Bergson qui fera la carrière de philosophe que l'on sait. A l'agrégation, l'ordre sera juste inversé. Docteur en philosophie, lisant les auteurs grecs et latins dans le texte, parlant couramment l'allemand et l'occitan qui l'aidera à apprendre l'espagnol sur le bateau le conduisant vers l'Argentine où il a été invité pour donner des conférences.

Jules Renard dira de lui « en prose il égale Victor Hugo et Trotsky écrira « orateur le plus puissant de son temps et peut-être de tous les temps, il est au dessus de l'art oratoire. »

 

A ses idées, il sacrifiera une grande carrière politique,  simple député, jamais ministre alors qu'il aura toujours eu une influence considérable au parlement notamment à l'époque du bloc des gauches; Son seul titre honorifique sera Vice président de l'assemblée nationale, poste où il ne sera pas réélu, n'ayant rien fait pour cela.

         En effet, il préférera diligenter une enquête parlementaire sur les conditions de travail des ouvrières du textile et dénoncer la société qui tolère un pareil degré d'abaissement et d'abjection. Il en attribuera la responsabilité au régime d'anarchie et de dilapidation capitaliste.

         Oui Jaurès est irrécupérable, incorruptible  alors que nombre de parlementaires socialistes deviendront bien modérés pour devenir qui ministre, président du conseil voire même président de la république et soutenir une politique anti ouvrière. Citons en quelques uns :  Aristide Briand, René Viviani,Alexandre Millerand. Depuis cette époque, la liste s'est allongée, je vous laisse le soin de la compléter...

Lorsqu'en 1898  il est battu dès le premier tour aux élections législatives à cause de son engagement dans l'affaire Dreyfus. Il lui sera proposé d'être au deuxième tour à Paris, il refusera, s'apprêtant à reprendre son métier d'enseignant. Ce qu'il ne fera pas ayant l'opportunité d'être nommé co-directeur du journal La petite République;

Enfin citons Leon Blum qui note chez Jaures l'absence complète et totale de mobiles personnels ajoutant qu'il n'avait ni ambition ni orgueil ni vanité.

Jaurès n'a jamais possédé de biens. Bessoulet appartenait à sa femme, il payait même son abonnement  à l'Huma, son propre journal !

         Oui, Jaurès nous montre que l'on peut faire rimer intégrité et sincérité avec politique.

En cette époque actuelle de régression sociale tous azimuts, il est peut-être nécessaire de rappeler à la jeunesse, le chemin parcouru depuis un siècle grâce aux luttes sociales, dont Jaurès fut un des farouches défenseurs.

Rappelons  leur  par  exemple que  la loi du 2 novembre 1892 destiné à protéger les jeunes de l'exploitation précisait :

-       Pas de travail avant 12 ans

-       Pas plus de 10 heures de travail par jour; pour les moins de 16 ans

-       De 16 à 18 ans, la durée maximale du travail est fixée à 11h par jour et  60 heures par semaine.

-       Les moins de 18 ans ne peuvent travailler plus de 6 jours par semaine, ni avant 5H du matin ni après 9 h du soir.

-       Il n'y a bien sûr pas de vacances ni de congés payés ni de retraite.
 

Que de chemins parcourus, ces chiffres se passent de commentaire...mais  vigilance, vigilance, rien n'est jamais acquis...pas même le sens des mots. Au 19eme siècle, être socialiste signifiait militer pour la propriété commune des moyens de travail, s'opposer à leur privatisation et faire en sorte que le slogan  républicain « Liberté, égalité, fraternité »ne  s'arrête pas  à la porte des manufactures. Les temps ont bien changé...

 

Par ailleurs, demandons-nous quelles autres valeurs défendues par Jaurès toucheraient  plus particulièrement les jeunes d'aujourd'hui?

-Son ouverture au monde et  aux autres cultures est manifeste : Il est, on l'a vu, profondément germanophile, admirateur des civilisations arabes qu'il se désolera de voir détruites par la colonisation. Il découvrira par ses trop rares voyages et beaucoup par ses rencontres et par la littérature, les cultures russe, japonaise et latino-américaine.

-Son pacifisme intransigeant,  qui a cristallisé sur sa personne une haine sans merci et  qui lui a coûté la vie. il était  opposé  à toutes les formes de guerre, incapables selon lui à résoudre les conflits et défendait le recours à l'arbitrage international pour régler les litiges entre les nations.

-Sa lutte pour la laïcité dont il aura été un des grands artisans. Laïcité qui ne se fonde pas sur l'hostilité aux religions mais qui affirme l'égalité de droits de toutes les convictions et qui est donc, selon Jaurès  une condition nécessaire et indispensable à la démocratie. Encore un sujet brûlant d'actualité...

 

         Pour conclure, revenons à notre point de départ, le titre de notre livre: «  Jean Jaurès contre la barbarie ».

Nous voulions l'intituler : « Jean Jaurès, par amour de l'humanité » ce qui à notre avis fut la raison de son engagement et de tous ses combats.

Ce titre n'ayant pas enthousiasmé  notre éditeur, nous avons alors proposé « Jean Jaurès contre toutes les barbaries », sous entendu :  non seulement la barbarie de la guerre mais aussi celle de l'exploitation capitaliste de l'homme par l'homme.

Pour finir, c'est un titre plus sobre qui a été retenu.

Il nous reste à vous remercier de votre présence et de votre attention. A répondre à vos  éventuelles questions. Puis à dédicacer notre livre à celles et ceux d'entre vous qui souhaitent l'acquérir.

Merci.

                                                                            Nane et Jean-Luc Vezinet.

 

Nane et JL Vézinet : "Jean jaurès contre la barbarie" Oskar Editeur

 


Enregistrement.

             -  Entretien avec Nane et Jean-Luc Vézinet (Jacqueline Falgayrac, Radio Albigès) : ici.

             - Enregistrement de la conférence : un incident technique nous a privé de cet enregistrement.

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